
Hausse du prix des carburants : sept ans après les Gilets jaunes, une mobilisation citoyenne massive est-elle encore possible ?
Souvenez-vous, en 2018, le mouvement des Gilets Jaunes est né d’une hausse des taxes et des prix des carburants. Aujourd’hui, en 2026, le litre de gasoil a augmenté de près d’un euro, atteignant 2,10 €, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Toutefois, l’absence de mobilisation de masse dans les rues et sur les ronds-points interpelle. Comment expliquer cette situation ?
Depuis le début de la flambée des prix des carburants, de nombreuses personnes s’interrogent sur l’absence de mobilisation générale. Les manifestations actuelles sont principalement sectorisées, touchant des groupes spécifiques comme les routiers, les infirmiers et les pêcheurs. Pourquoi cette fragmentation ? Un mouvement de contestation similaire à celui des Gilets jaunes peut-il encore émerger ?
Rodolphe, un ancien manifestant, évoque ses souvenirs des premières manifestations. Pour lui, le mouvement a été un moment de démocratie participative, où diverses voix politiques se sont exprimées. Cependant, il note que l’élan a été interrompu par la pandémie de Covid-19, qui a engendré des lois et des divisions. Beaucoup d’anciens Gilets jaunes se sont éloignés du mouvement, fatigués par les injustices croissantes et la répression.
Des universitaires, comme Brigitte Sebbah, ont étudié les dynamiques de mobilisation des Gilets jaunes. Selon elle, ce mouvement a été déclenché par une hausse des prix, mais il a rapidement évolué en une contestation plus large de la représentation politique. Aujourd’hui, la hausse des prix du carburant est liée à des facteurs externes, comme les conflits internationaux, et le gouvernement français refuse de mettre en place un blocage des prix, contrairement à d’autres pays européens.
Sebbah souligne que le mouvement des Gilets jaunes était un cas exceptionnel, où la colère collective s’est manifestée de manière visible. Actuellement, bien que la souffrance sociale soit présente, elle est moins manifeste dans l’espace public. La mobilisation nécessite des ressources, du temps et de l’énergie, ce qui peut limiter la capacité des gens à se rassembler.
Rodolphe, malgré tout, reste optimiste. Il appelle à la création de liens et de solidarité à travers de petites actions régulières, affirmant que les moyens d’organiser un réseau existent toujours.
Source : France3 Régions






